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Cristina Álvares
Le retour au récit est un des phénomènes les plus typiques de la littérature française de la fin du Xxe siècle. Cette expression désigne le retour des écrivains et des lecteurs au plaisir de la narration que le Nouveau Roman avait balayé, dans l’austérité de son projet de créer à partir de rien et pour rien, “sans avoir à s’appuyer sur quoi que ce soit d’extérieur à l’oeuvre” (Robbe-Grillet, 1961: 139). Aussi la production littéraire des années Quatre-Vingt récupère-t-elle des “notions périmées” comme le personnage et l’histoire. Le retour au récit a entraîne d’autres retours: celui de la transivité (représentation de ce qui est extérieur à l’oeuvre) et aussi le retour du sujet. Celui-ci est saisissable non seulement dans la réhabilitation du personnage mais surtout dans l’autofiction qui surgit dans la scène littéraire comme une forme hybride qui, prenant l’autobiographique à travers l’écran du romanesque, assume que la vérité du sujet a structure de fiction. En mettant sa vie en récit, celui ou celle ou celle qui écrit de l’autofiction vient reposer la question du rapport entre vie et écriture – vie et oeuvre – et, par là même, toute une problématique gravitant autour de la question de l’auteur.
L’autofiction n’est pourtant pas d’une pratique littéraire qui ferait l’économie des expériences esthétiques et des courants de pensée qui ont caractérisé le Xxe siècle. Tous ces retours n’on pas supprimé le Soupçon, bien au contraire: “l’écrivain renoue avec le libre usage de la fiction, naguère décriée, tout en assimilant les tentatives expérimentales qui en ont bousculé la pratique” (Blanckman, 1999: 83). Le retour du sujet hérite de tout un pan de réflexion théorique et de la pratique littéraire et artistique du Xxe siècle qui ont définitevement rendu caduque la psychologie du moi pré-freudien.
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