Fronts communs en 2009.

À la veille des vacances de Noël, les universités de MONTPELLIER 3, RENNES 2, PARIS 8, PARIS 4, PARIS 10, PARIS 3, TOULOUSE 2 ont officiellement fait savoir qu'elles ne "remonteraient" pas au Ministère les maquettes de nouveaux masters préparant aux concours de recrutement : la liste devrait s'allonger dans les premières semaines de janvier, et on voit mal dans ces conditions comment les concours 2010 pourraient être préparés… Le site de SLU fait le
compte de toutes les motions votées en ce sens dans les différents conseils centraux, UFR et départements des universités, et les indécis peuvent relire
le communiqué des signataires de l'Appel du 8 nov. ainsi que le
communiqué de SLU sur la question des maquettes. Pour dénoncer toute tentative de "mise en concurrence", la résistance doit s'organiser désormais académie par académie, à l'exemple de
l'AG pour les SHS des 4 universités de l'académie de Créteil le 8 janv.. Mais c'est un nouveau front qui s'est ouvert dès la fin novembre: contre la réforme du statut des enseignants-chercheurs, dénoncée par de nombreuses AG, dont
SLU publie les motions en affichant le
calendrier des actions prévues en janvier. Le troisième front est celui des
budgets: sans surprise, la loi LRU entraîne mécaniquement le transfert vers les universités des charges incombant jusqu'ici à l'État, et les dotations globales de fonctionnement (DGF), qui affichent des hausses trompeuses, se trouvent de fait en baisse un peu partout: les
présidents et les CA font part de l'impossibilité d'établir leur budget 2009. Il est plus que probable que la situation évolue vers un total
blocage à la veille du deuxième semestre. La mobilisation ne faiblit pas non plus contre l'ANR & l'AERES:
3 500 scientifiques ont déjà signé le texte par lequel ils s'engagent à refuser toute expertise pour les deux agences, qui peineront à trouver en 2009 les experts sans lesquels il n'est pas d'expertise recevable. Le front des IUT ne désarme pas davantage: la
coordination vient de se doter d'un blog, et appelle à une journée d'action le 22 janv. Quant au CNRS: les
chercheurs "entrent en désobéissance", à
l'instar des professeurs des écoles.
2009 : une année de lectures

Que lirez-vous en 2009 ? Le dernier Bayard ? Le nouveau Meschonnic ? Le prochain Martin Rueff (dont on attend aussi une traduction d'un recueil d'articles de Carlo Ginzburg) ? Le dernier-né de la collection "Poétique" ? Tout à la fois, et bien plus encore ? Fabula vous propose en guise d'étrennes
quelques points de répère parmi les nombreux ouvrages d'histoire, de critique ou de théorie littéraire annoncés pour l'année 2009, dont quelques-uns sont déjà disponibles dans notre
librairie, où les autres ne tarderont pas à les rejoindre.
Acta vol. 9, n°11: les correspondants de Fabula rendent compte

La remarquable collection « Verdier Poche » a réédité
Nausée de Céline en 2008 et a procuré, avec
Chemins de Michon, un recueil de textes issus de plusieurs ouvrages bien connus des lecteurs de Jean-Pierre Richard. Florian Pennanech rend compte de ces deux monographies dans la dernière livraison de l'année 2008 de la revue des parutions
Acta fabula (
vol. 9, n°11), qui publie aussi une recension par Christof Schöch - un autre correspondant de Fabula - des
Préliminaires à la théorie de l'esthétique du XVIIIe siècle de Nathalie Kremer. Nicolas Wanlin propose pour sa part un essai critique du récent ouvrage de Bernard Vouilloux,
Écritures de fantaisie, Grotesques, arabesques, zigzags et serpentins. Une belle occasion pour Fabula de saluer le travail de
l'ensemble de ses correspondants et de leur souhaiter, ainsi qu'à tous ses lecteurs, une très bonne année 2009, en ligne et hors connexion.
"Et tout le reste est littérature"

Dans un article publié sur le site de la SFLGC, Michèle Finck prône une "
Poétique du son" et souligne que le sens que le poète donne au monde naît au sein de "l'élaboration musicale que la poésie opère sur les mots". L'atelier de Fabula connaît la
musique et répertorie différentes ressources en ligne (séminaires, colloques,
recensions dans
Acta fabula etc.) soulevant la question de l'hétérogénéité féconde du verbal et du musical. Aux travaux de Timothée Picard sur l'opéra (
Strauss,
Gluck ou
Wagner) s'ajoutent notamment ceux d'Haydée Charbagi sur les rapports entre poésie et musique (
Henri Michaux et la musique,
Musique contemporaine et poésie).
Autour des Carnets de Marina Tsvetaeva

Tout un pan de la vie européenne, depuis la veille de la Première Guerre mondiale jusqu'à la veille de la Seconde, se déploie dans les
Carnets de Marina Tsvetaeva (1892-1941), parus en 2008 dans leur intégralité dans une importante édition critique dirigée par L. Jurgenson, dont l'article
"Les événements se trament au sein du langage" ainsi qu'un
extrait de la préface, signée par C. Bérenger, sont en ligne sur le site Vox Poetica.
P. Assouline lit pour sa part ces Carnets de la poétesse russe en regard du journal de V. Woolf. Rappelons que le premier volume des
Oeuvres de M. Tsvetaeva, sous la direction de T. Todorov et V. Lossky, composé de proses autobiographiques, paraîtra dans la collection "Le Don des langues" au Seuil le 22 janvier, et une étude sur sa poésie, signée C. Crespel, sous le titre
Azur, azur, seconde terre... au Cerf dès le 8.
Traduttore, creatore

La récente publication de la
Correspondance de Philippe Jaccottet et Giuseppe Ungaretti permet d'ouvrir les portes de l'atelier d'un traducteur qui, selon ses propres dires, délaisse sa propre création dès qu'il doit se mettre au service de mots d'un autre. La relation toute particulière qui se tisse entre le poète italien et son traducteur presque attitré, chargé de l'édition française de son oeuvre poétique, est également éclairée par
la dernière livraison de la revue Europe. On y retrouvera notamment un article de Mathilde Vischer, auteur en 2003 de
Philippe Jaccottet traducteur et poète : une esthétique de l'effacement, et qui s'apprête à publier en février
La Traduction, du style vers la poétique : Philippe Jaccottet et Fabio Pusterla en dialogue, où seront confrontés deux regards sur l'écriture et la traduction, la séparation franche des deux activités pour le premier, leur évidente perméabilité aux yeux du second. Si l'on souhaite, enfin, revenir au poète, on pourra lire l'essai de Patrick Née,
Philippe Jaccottet. À la lumière d'ici, toujours disponible pour compte rendu dans notre
revue en ligne des parutions.
Fabula au colloque international « l'Université à l'ère du numérique » (CIUEN 2008)

La dernière décennie a été l'occasion de voir émerger des portails consacrés à des disciplines universitaires répondant à une urgence de mettre les chercheurs en réseau et de leur offrir des outils liés à l'actualité de la recherche et à la diffusion des résultats. En dix ans, notre site est devenu un acteur central de la diffusion de la recherche en langue française dans le domaine des études littéraires et un espace de premier plan pour la diffusion de l'information scientifique et la connaissance en matière d'histoire, de théorie et de critique littéraire, répondant aux besoins des chercheurs autant que des étudiants et professeurs du secondaire. A travers l'analyse du « cas » Fabula, nous voudrions proposer dans le cadre du CIUEN 2008 organisé sous l'égide du Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche
une réflexion sur le devenir des portails scientifiques, à l'heure de la conversion numérique des besoins de publication, de documentation et d'organisation de la recherche.
Lire contre l'auteur. Pour (ou contre ?) une lecture contrauctoriale : Fabula en résidence

Le tuer ? C'est fait… Le ressusciter ? La tentation est de plus en plus fréquente… Le respecter, être à l'écoute de sa fuyante intention, subjugué par son autorité dont se pare comme d'un droit à écrire ou à parler ? On ne fait que cela depuis des siècles. L'inventer ? Pourquoi pas, pourvu que sa figure remodelée accompagne et conforte notre lecture. Mais attaquer l'auteur de front au moment où on lit, non pas en l'ignorant mais en prenant le contre-pied de ce qu'il prétend avoir voulu dire, prendre le propos auctorial à rebrousse-page et trouver dans cette contestation l'assurance d'une lecture autrement cohérente, voilà qui peut sembler plus incongru ou vain. C'est pourtant l'hypothèse d'une lecture qui se ferait, non pas avec ou au nom de l'auteur, mais en un désaccord affirmé contre celui qui a composé le texte, que l'équipe Fabula se propose d'examiner, en septembre 2009, lors d'un séminaire en résidence organisé dans le cadre du projet HERMÈS (dir. F. Lavocat). Comme lors du premier séminaire en résidence de Fabula consacré à «
la case blanche », et
publié depuis dans la revue La Lecture littéraire,
une page de l'atelier de théorie littéraire est consacrée à ce projet et nous serons heureux d'accueillir des chercheurs extérieurs (lire
l'appel à communications).